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La liberté de la langue française

La langue française a de grandes qualités.
Avant de naître dans un pays ou même dans une famille, on naît dans une langue. Le français, dont l'histoire se confond avec celle de la France et de son empire, a été la langue mondiale de la diplomatie et de l'élite, dans une époque qui s'éloigne.

Une langue, c'est d'abord un peuple et celui-ci s'étend aujourd'hui du Canada à l'Afrique. Et en France même, celui-ci évolue sous des influences qui lui échappent trop souvent.

Aussi allons nous, nous aussi, non seulement défendre notre précieux outil, mais aussi lui permettre de dépasser les écueils qui se dressent devant lui.

Parmi ceux-ci, le politiquement correct, d'origine américaine, doit être combattu. Il ne masque pas ses origines puritaines, loin de notre tradition de vérité.
Certes, le langage exprime une position politique, et certaines expressions péjoratives stigmatisent des minorités qui n'ont rien demandé ni mérité.

Il ne s'agit pas pour nous de masquer les bêtises, mais de nous en moquer

Pour l'instant, nous nous attaquerons au refus de la possession. (ou en tout cas de son expression)
Vous avez peut-être entendu quelqu'un qui s'offusque de ce qu'un autre dise "mes enfants, mes élèves, mes clients ..." et qui le reprenne avec comme argument : "ils ne t'appartiennent pas !"
Sauf qu'en fait, ils lui appartiennent, mais pas comme des marchandises. "Tout ce que tu possède te possède en retour"(Raoul Vaneigeim)
Ne confondons donc pas réification, matérialisme et possession.

La critique de gauche de la possession est puritaine. Après deux siècles de résistance, elle s'est convertie à la consommation, mais elle interdit la possession des êtres humains. La possession est vile et totale. C'est celle des choses (et des animaux domestiques ?) L'être humain est seul et sans passion... (il vote)

La critique essentialiste du matérialisme est d'ordre religieux ou artistique. Elle considère que ce qui importe dans un phénomène n'est pas la façon dont il apparaît, mais les liaisons avec les idées du spectateur. Celui-ci lit des romans. La matière est morte... (c'est triste)

La critique situationniste de la réification poursuit celle de Marx. "Vous aimez trop les choses et pas assez les hommes et les femmes. Vous aimez trop les hommes et les femmes comme des choses et pas assez comme des hommes et des femmes."... Ce ne sont plus les choses qui parlent le langage des hommes, mais les hommes qui ne connaissent plus que le langage des choses.

Dans les ré-allocations contemporaines, on peut voir à l'oeuvre les tendances séparatistes : tandis que la langue populaire s'émancipe toujours plus de l'orthographe, maintenant qu'avec les réseaux sociaux elle s'écrit ("ici sa rafale les keufs" Tag à Torcy), la langue savante se sépare en chapelles pédantes (" Ces orientations et ce contexte portent donc à défendre au niveau européen la mise en place d'une stratégie intégrée dont le contenu pourrait s'appuyer sur les recommandations de la conférence européenne de consensus sur le sans-abrisme ... " extrait du rapport d'une Mission confiée par Cécile DUFLOT à Alain REGNIER et Christophe ROBERT : POUR UN CHOC DE SOLIDARITE EN FAVEUR DES SANS-ABRI ET DES MAL LOGES, Rapporteure Marie-Christine BUTEL) ou militantes ("Les intervenant-e-s en sortent satisfait-e-s et outillé-e-s ...)

Après ces deux siècles de repli français, la modestie est de mise. Un honnête homme doit maintenant savoir parler anglais. Un jeune qui ne veut pas se couper du monde doit impérativement avoir une bonne pratique de la langue. Celle-ci est d'ailleurs un créole français, grâce à Guillaume le conquérant. Et si elle a emporté une partie de notre vocabulaire, elle a gardé une grammaire apparemment simple, qui permet sont universalité actuelle. C'est la langue de l'Europe, même si ce n'est celle d'aucun pays européen (le Royaume Uni est encore à se demander s'il en fait partie). Pauvre Union, qui ne parle pas sa langue ...
Les sciences sociales doivent-elles encore parler français ?